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Comment se protéger face à la règlementation dopage FEI ?

Dans les compétitions internationales organisées sous l’égide de la Fédération Équestre Internationale (FEI), la question du dopage fait l’objet d’un encadrement particulièrement strict. Les contrôles antidopage sont régis par un règlement spécifique : les Equine Anti-Doping and Controlled Medication Regulations (EADCMRs), dont la version actuellement en vigueur est entrée en application le 1er janvier 2025.

Ce texte constitue le cadre juridique de l’ensemble du système antidopage de la FEI. Il précise notamment :

  • ce qui constitue une infraction de dopage,
  • la manière dont les contrôles sont réalisés,
  • la procédure suivie en cas de résultat positif,
  • ainsi que les sanctions susceptibles d’être prononcées.

En pratique, une violation est caractérisée par la simple présence, dans l’organisme du cheval, d’une substance figurant sur la liste des substances interdites publiée chaque année par la FEI, ou de l’un de ses métabolites ou marqueurs.

Un point essentiel doit être compris par tous : la simple présence d’une substance interdite suffit à constituer une infraction. La FEI n’a pas à démontrer une quelconque intention, ni une incidence sur la performance, ni même une négligence du cavalier pour appliquer les sanctions prévues son règlement.

La lutte contre le dopage repose en effet sur un principe fondamental : la responsabilité objective. Cette responsabilité pèse sur la « personne responsable », c’est-à-dire, en principe, le cavalier qui présente le cheval en compétition.

Dans ce contexte particulièrement exigeant, il est donc essentiel pour les cavaliers, entraîneurs et propriétaires de bien comprendre le fonctionnement des contrôles antidopage FEI, les obligations qui leur incombent et les moyens de défense possibles en cas de résultat positif.

  1. Anticiper : comprendre ce qui est attendu du cavalier et de son entourage

Le règlement FEI distingue deux catégories de substances : les Banned Substances, totalement interdites, et les Controlled Medication Substances, qui peuvent être utilisées dans un cadre vétérinaire mais ne doivent pas être présentes lors d’une compétition.

Dans les deux cas, la règle est simple : si une substance figurant sur la liste FEI, ou l’un de ses métabolites, est détectée dans l’organisme du cheval, il y a violation des règles antidopage au sens de l’article 2.1.

Peu importe l’intention ou l’absence de faute. Le système FEI repose sur un principe de responsabilité objective.

Autrement dit, la FEI n’a pas besoin de démontrer qu’un cavalier a cherché à doper son cheval. La seule présence de la substance suffit à établir la violation. L’enjeu de la procédure est alors de comprendre comment la substance est entrée dans l’organisme du cheval, afin de déterminer la qualification de la violation, la sanction applicable et, le cas échéant, une éventuelle réduction de sanction, notamment dans le cadre du No Significant Fault.

Dans ce contexte, la meilleure protection pour le cavalier, mais aussi pour le propriétaire et l’entraîneur, consiste à maîtriser l’environnement du cheval, les soins administrés et les pratiques de l’équipe qui l’entoure. Toute la logique du règlement repose sur une gestion rigoureuse, documentée et anticipée.

Le règlement FEI prévoit d’ailleurs que les « personnes de soutien » peuvent également voir leur responsabilité engagée lorsqu’elles ont participé aux soins, aux manipulations ou aux décisions ayant conduit à la présence d’une substance interdite. Cela implique, en pratique, une organisation sérieuse de l’écurie : une traçabilité des traitements, une vérification des produits administrés, une supervision des équipes et un contrôle attentif de l’environnement du cheval, à l’écurie comme en déplacement.

  1. En cas de contrôle positif : comment la FEI analyse la situation

Lorsqu’un prélèvement révèle la présence d’une substance interdite, la FEI engage une procédure prévue par les articles 7 et suivants des EADCMRs.

Dans un premier temps, la fédération vérifie la régularité du contrôle. Elle s’assure notamment que la procédure de prélèvement a été correctement réalisée et que les documents associés sont conformes.

Si aucune irrégularité n’est relevée, le cavalier reçoit ensuite une Notification Letter. Ce document précise le résultat du contrôle, les sanctions applicables, la mesure provisoire de suspension si elle existe et les informations que le cavalier est invité à fournir.

Afin de comprendre l’origine de la substance, la FEI transmet également un questionnaire détaillé. Ce questionnaire constitue une étape essentielle de la procédure : il permet de reconstituer le parcours possible de la substance et d’évaluer la gestion du cheval par le cavalier et son entourage.

  1. Le questionnaire FEI : ce que vous devrez expliquer

La première question posée par la FEI concerne l’origine de la substance. Le cavalier doit être en mesure d’expliquer, de manière précise et étayée, comment la substance — ou son métabolite — a pu entrer dans l’organisme du cheval. Le règlement exige que cette explication repose sur des éléments concrets permettant de retracer les circonstances exactes ou probables de l’exposition.

La FEI s’intéresse ensuite à l’alimentation du cheval et aux compléments administrés dans la période précédant la compétition. L’objectif est de comprendre quels produits ont été utilisés et si le cavalier est en mesure d’en fournir des échantillons, ce qui illustre l’importance de conserver, lorsque cela est possible, des restes de lots d’aliments ou de compléments.

Le questionnaire aborde également les méthodes de contrôle mises en place pour vérifier que les produits utilisés ne contiennent pas de substances interdites. Dans un système fondé sur la responsabilité objective, il ne suffit pas d’indiquer que l’on fait confiance à un fournisseur. La FEI examine les démarches concrètes effectuées pour limiter les risques.

L’environnement du cheval constitue également un point important. La fédération cherche à comprendre dans quel type de structure le cheval est hébergé, qui participe à sa gestion quotidienne et quelles mesures sont prises pour s’assurer que ces personnes connaissent et respectent les règles antidopage.

La FEI demande également des informations sur les traitements vétérinaires reçus dans l’année précédant la compétition. Les produits administrés, les raisons médicales correspondantes et les documents vétérinaires associés permettent de déterminer si une trace médicamenteuse résiduelle pourrait expliquer le résultat du contrôle.

Enfin, le questionnaire s’intéresse à l’organisation générale de l’écurie, à la tenue éventuelle d’un « medication logbook », ainsi qu’aux mesures de sécurité mises en place lors des déplacements et sur le site de la compétition. L’objectif est d’évaluer si l’environnement du cheval est suffisamment maîtrisé pour éviter les contaminations accidentelles.

En pratique, ce questionnaire reflète précisément les éléments que la FEI examinera pour apprécier la responsabilité du cavalier, la gestion du cheval et le niveau de diligence mis en place pour prévenir les risques.

  1. Se protéger efficacement : mettre en place une véritable prévention

Se protéger d’un contrôle positif ne consiste pas uniquement à éviter les substances interdites. Il s’agit surtout d’adopter une organisation conforme aux attentes de la FEI c’est à dire s’assurer de la traçabilité de l’ensemble des aliments, compléments, et produits administrés à chaque cheval.

La traçabilité des soins, la vérification systématique des produits administrés, la tenue d’un logbook des traitements, le contrôle de l’environnement du cheval et la formation des personnes qui l’entourent constituent autant d’éléments qui permettent à la FEI de considérer que vous avez procédé à l’ensemble des vérifications nécessaires et pris toutes les mesures raisonnables pour éviter cette situation, ce qui pourra, le cas échéant, conduire à une réduction significative de la sanction.

Le règlement FEI vise avant tout à protéger l’intégrité du sport et l’équité entre les concurrents. Mais il permet également, lorsque le cavalier a agi de manière diligente, organisée et transparente, de voir sa situation appréciée de manière plus favorable.

Eve Miolane 

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